Safi

Histoire

Sa situation géographique et ses attraits touristiques, font de la région de Safi une destination prisée.

Les péripéties de l’histoire de Safi sont intimement liées à sa vocation portuaire.
Comptoir phénicien, selon le géographe Ptolémée, fréquenté probablement par les Romains plus tard, le nom d’Asfi apparaît dans les écritures arabes à partir du XIème siècle.

Avec Safi Hadirat al Mouhit ou Cité de la mer environnante, selon l’expression d’Ibn Khaldoun, Safi assurait, en tant que port de la capitale Marrakech de l’empire Almohade au XII siècle, des relations directes avec l’Andalousie et se présentait sous forme d’un espace fortement urbanisé, doté notamment, d’importantes fortifications et d’une grande mosquée centrale.

Constituée de deux entités urbaines, la ville s’enrichit, au XIV siècle, d’une medersa, édifiée par Aboul Hassan Al Marini, d’un bimaristan (hôpital) et de nombreuses autres institutions, une qaysaria, un mohtasseb, au fur et à mesure que Safi s’imposait comme place d’échanges d’importance qui commerce avec Gènes, Séville et Marseille. Au 15ème siècle, Safi s’ouvre au commerce européen.

Les Portugais apprécient même si bien sa rade naturelle qu’ils s’emparent de la ville et entament sa fortification en 1509, par une opération combinée (par terre et par mer) montée à partir de leur base de Mogador (Essaouira). Autour de la ville ils élèvent une enceinte et construisent une forteresse au bord de la mer.

L’occupation portugaise de Safi va durer 32 ans jusqu’à 1541, date de sa reprise par les Saadiens. De nouveau reliée à Marrakech sous les Saâdiens, Safi demeure un des plus importants ports du Royaume jusqu’à la création d’Essaouira, à la seconde moitié du XVII siècle.

Elle reste cependant le siège de consulats étrangers. Les Français y ont leur part. Au 17ème siècle, le consul de France a sa résidence à Safi et c’est dans ses murs que le commandeur de Rasilly signe au nom de Louis XIII plusieurs traités de commerce entre la France et l’Empire Chérifien.

communauté juive est importante. L’existence
de cultes mixtes, judéomusulmans, tel celui rendu jusqu’au milieu du XX siècle aux Oulad Ben Zmirro, les sept saints juifs enterrés à
Safi, témoigne de l’entente qui prévaut depuis plusieurs siècles entre les deux communautés.
Sous le protectorat français, la vocation maritime de la ville se confirme davantage avec la construction d’un grand port en eaux profondes, exploité de nos jours pour l’exportation des phosphates essentiellement.

Au XX siècle, le renouveau est tout d’abord venu de la pêche industrielle d’abord : la sardine est la spécialité de Safi depuis que le développement de la conserverie a ouvert à ces pêcheurs un énorme marché.

Puis les minerais de Jbilet et les phosphates de Youssoufia (80 kms au Nord-Est de Safi) ont envahi les quais, entraînant l’extension et la modernisation du port.

A partir de 1920, le port de Safi est l’objet d’extensions progressives, fonction de l’accroissement de l’exportation des phosphates.

Au cours de la seconde guerre mondiale, la flottille de pêche va connaitre une croissance considérable liée au développement de la conserve qui fera de Safi, au début des années 1950, le 1er port sardinier du monde, pour la
pêche et la conserverie.

Safi

Faits historiques

L’exploit de Raa II a permis de démontrer que les anciennes civilisations africaines auraient pu découvrir le nouveau monde bien avant Christophe Colomb.
L’expédition historique RAA II

Tout le monde a encore en mémoire la fantastique expédition partie du port de Safi, le 17 mai 1970 à bord d’un radeau en papyrus par le Dr. Thor Heyerdahl, chef d’expédition et initiateur de cette aventure maritime unique en son genre.
Raa II a été construit, à Safi, selon la pure tradition de l’Egypte antique, avec des roseaux papyrus. L’expédition était composée de 8 hommes de races, de cultures, de religions et de nationalités différentes qui ont cohabité pendant 57 jours en parfaite harmonie sur quelques mètres carrés. Cette traversée de l’Atlantique a relié Safi à la Barbade (Indes occidentales) sur une distance de 6200 kilomètres.
L’intérêt évident de cette odyssée était de soumettre à l’expérimentation, un ensemble de déductions théoriques, relatives à la navigation maritime et pour prouver qu’une telle embarcation aurait pu traverser pendant l’Antiquité, l’Océan Atlantique dans les mêmes conditions.
Elle constitue également un élément fondamental pour le potentiel touristique de Safi.

Découverte du plus ancien crâne homo sapiens

En avril 2017, une équipe internationale de paléoanthropologues et archéologues a mis au jour sur le site de Jbel Ighoud, un site de mines dans la région de Safi, le plus ancien crâne d’homo sapiens au monde qui soit retrouvé in situ. Les ossements pourraient être vieux d’au moins 300.000 ans. Cette découverte bouleverse l’histoire de l’homo sapiens.

L’expédition historique RAA II
Découverte du plus ancien crâne homo sapiens